Le Piñatex, making off

Aux Philippines, dans les mariages traditionnels ou lors d’événements importants, les hommes s’habillent d’un vêtement transparent appelé  Barong Tagalog. Cet habit a la particularité d’être constitué de fibres de feuilles d’ananas qui ressemblent étrangement au cuir, matière dont on n’a plus besoin de décrire les effets néfastes pour la planète. C’est là que la designer espagnole, Carmen Hojisa, y découvre cet usage philippin et y voit une excellente opportunité pour remplacer le cuir traditionnel.

    

 

 

Le textile a été décrit par la créatrice comme un textile fin, robuste et innovant. C’est une matière non tissée à base de fibres végétales. En effet, le Piñatex est composé de fibres extraites de feuilles d’ananas que l'on trouve sur les plantations de cultivateurs avant que ces derniers ne cueillent le fruit et ne jettent ces feuilles. Les feuilles récoltées sont transformées en matière textile. Les restes des matières végétales sont ensuite transformés en biogaz et en engrais organique destiné aux agriculteurs philippins. C’est un complément de salaire pour ces derniers. En moyenne, pour produire 1m² de Piñatex, il faut 480 feuilles, soit 16 ananas, qui sont ensuite envoyées en Angleterre et en Espagne afin d’être transformées en maillage non tissé.

“ Notre avantage par rapport au cuir, c’est que les déchets produits représentent 5 % de la matière première, contre 25 % pour le cuir.” précise Carmen.

Après près de 10 ans de recherche et de développement, la designer a présenté au grand public le 12 décembre 2014 des chaussures, sacs et chapeaux en fibres de feuilles d’ananas au sein du Royal College of Art de Londres et a reçu un formidable accueil pour ses créations et sa manière de travailler.

Aujourd’hui, il existe d’autres matières végétales qui remplacent le cuir telles que le cuir de champignon et le tant attendu cuir de raisin fabriqué à partir des résidus de la viticulture.

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